Jean Leclercq – HUMPF!

Et BAM dans la bd! Alors que la bande dessinée n’en finit pas d’interroger ses propres codes, c’est presque par effraction que Jean Leclercq percute, tambour battant et à grands renforts d’onomatopées, la scène graphique contemporaine.  L’artiste brut, qui ne lit jamais mais « marque les mots », nous bombarde de cases plus improbables les unes que les autres. La déflagration nous prive  de tout contexte narratif. Boulimique possesseur de bandes dessinées, dessinateur compulsif du samedi soir, Leclercq s’empare de ses modèles pour nous balancer toute la beauté brute de ses images. Allez ! Crash ! Bang !! Plouf ! On fonce dans l'univers chaotique et burlesque de HUMPF!
10% Funded
  • 818 € Collectés
  • 8 000 € Objectif
  • 14 Donateurs

Le projet

Jean Leclerq fait de la BD

Humpf
https://vimeo.com/354832177
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10 Masterpieces

Humpf
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HUMPF! – Par Jean Leclercq  – préface d’Erwin Dejasse  et d’Atak – Français / Anglais –  440 pages – 17 x 20 cm – impression quadri – Couverture souple avec jacquette américaine – isbn: 9782390220169 – 39 euros – sortie le 10 octobre

Jean Leclercq à l’ArtS Factory !
vernissage le mardi 8 octobre de 18h à 21h
exposition du 9 octobre au 9 novembre 2019
galerie arts factory – 27 rue de charonne 75011 paris
métro : ledru-rollin & bastille – du lundi au samedi de 12h30 à 19h30
infos : +33(0)6 22 85 35 86 / www.artsfactory.net

 

L’HOMME QUI DÉPOSE LES MOTS

Jean Leclercq, artiste belge, vu par Atak

En entrant dans l’espace d’archivage de La « S » Grand Atelier, je découvre les œuvres de Jean Leclercq que l’on a préparées pour ma venue. Les dessins s’empilent : plusieurs centaines, que dis-je, plusieurs milliers de dessins de toutes les tailles. Excepté quelques feuilles A4 classiques, ce sont d’immenses emballages en carton dont le dos est recouvert d’images tout droit sorties de bandes dessinées. Cette abondance de dessins originaux me laisse sans voix, incapable de choisir un endroit où poser mon regard. 

Pourtant, ce n’est là qu’une infime partie de la production annuelle de l’artiste belge Jean Leclercq. Jetant un œil à l’impressionnant amoncellement, il me donne une explication d’une infinie modestie sur un ton de fierté : à 67 ans, il dessine depuis 55 ans. 

Jean Leclercq est l’une des personnalités phares de l’association La « S » Grand Atelier, un lieu de travail destiné à des artistes mentalement déficients qui, depuis la petite ville de Vielsalm, au cœur des Ardennes, a acquis une renommée internationale. Il s’y immerge une fois par semaine avec l’allure d’un jeune orpailleur chanceux : le verbe haut et la démarche chaloupée, portant plusieurs sacs remplis de dessins. C’est le fruit de ses activités hebdomadaires, qu’il réalise chez lui – il vit à Lierneux, dans une famille d’accueil, avec son meilleur ami Marcel – sur une simple commode, pendant son temps libre. 

Il subvient à ses besoins en accomplissant de menus travaux quotidiens pour l’hôpital psychiatrique de Lierneux qui l’accompagne depuis plus de quarante ans– il coupe du bois, par exemple. Il n’a l’occasion de dessiner que l’après-midi et le week-end, mais il en tire un si grand plaisir qu’il range rarement ses crayons avant une heure du matin. Rien d’étonnant, donc, à ce que les responsables de La « S » Grand Atelier peinent à archiver son œuvre prolifique. 

En effet, l’équipe d’encadrement ne doit pas seulement trier et numériser ce flux incessant d’images, mais aussi répondre à de nombreuses demandes de diffusion. Au cours des dernières années, les dessins de Jean Leclercq ont été montrés au public dans plusieurs expositions collectives et individuelles. La jeune scène graphique française y a notamment réagi avec beaucoup d’enthousiasme. 

À l’origine, j’ai découvert les dessins de Jean Leclercq sur un blog spécialisé consacré à la bande dessinée. Peu après, j’ai visité l’exposition « Knock Outsider Komiks », au musée Art et Marges à Bruxelles, qui réunissait des artistes de La « S » Grand Atelier et des artistes du Frémok. 

Dès l’entrée du musée, les créations brutes de Jean Leclercq s’imposaient au regard, mises en valeur par une scénographie à l’efficacité redoutable. J’ai été saisi instantanément par la poésie unique de son langage visuel. Bien que les motifs soient puisés dans différentes bandes dessinées, il ne saurait être question de simples copies. Aux yeux de Jean Leclercq, le neuvième art n’est qu’un réservoir d’images inépuisable – la dimension narrative du support lui importe peu. 

Enfant, Jean était déjà fasciné par le monde de la bande dessinée. Outre les séries franco-belges bien connues comme Astérix, Lucky Luke ou Bob et Bobette, il continue à ce jour à apprécier tout particulièrement la grande figure, classique parmi les classiques, qu’est Tintin. Il sélectionne les motifs selon le degré de difficulté et ses envies. Ensuite, quand il les dessine, il commence n’importe où sur la feuille. Il trace d’étranges portions d’images. Et comme, pour lui, l’image et le texte vont de pair dans la bande dessinée, il ajoute des phylactères en haut du cadre – souvent, trop loin des personnages, donnant lieu à de curieux espaces vides dan sa composition picturale. 

Souvent, le contenu de ses phylactères n’a aucun sens. « Je ne lis jamais », déclare-t-il. « Je dépose des mots. » Il renonce systématiquement à tout arrière-plan détaillé, qu’il remplace purement et simplement par une surface colorée de remplissage. La plupart du temps, il se sert à cette fin de gouache ou de peintures scolaires. « Surtout pas les autres, les chères ! » Ses dessins revêtent ainsi une matérialité originale et immédiate d’une grande énergie. Les critiques évoquent une proximité artistique avec Roy Lichtenstein, une version naïve du Pop Art. Jean Leclercq, quant à lui, n’a aucun intérêt pour les classifications théoriques. Il dessine parce qu’il aime dessiner. Si le résultat plaît aux gens, tant mieux.

Il confie qu’il a l’intention de prendre sa retraite à l’âge de 80 ans. Comme il se doit. 

Un Portrait de Jean Leclerq par Atak

Les Contreparties

 

Les Contreparties seront envoyés chez vous ou pourront êtres retirées à

  • Bruxelles – Art et Marges Musée
  • Paris – Arts Factory
  • Vielsalm – La S Grand Atelier

 

39 € à retirer à Bruxelles, Vielsalm  ou Paris et 46€  envoyé chez toi

Le livre dédicacé  + ton petit nom dans les crédits du livre.

 

60 € à retirer à Bruxelles, Vielsalm ou Paris) et 67 €  envoyé chez toi

Le livre dédicacé + Le livre Knock Outsider! (le Manifeste de Knock Outsider) + ton petit nom dans les crédits du livre.

 

100 € à retirer à Bruxelles, Vielsalm ou Paris et 110 €  envoyé chez toi

Le livre dédicacé + Une impression d’art tirée à 50 ex , numérotée et signée , format environ 50/60 cm de l’oeuvre titrée: » Madame seriez vous gagnée par les idées des anarchistes? » + ton petit nom dans les crédits du livre.

180 € à retirer à Bruxelles, Vielsalm ou Paris et 200 €  envoyé chez toi

Le livre dédicacé + tous les titres disponible de la collection Knock Outsider! (11 titres) à retirer à Bruxelles ou Paris + ton petit nom dans les crédits du livre.

 

300 € à retirer à Bruxelles, Vielsalm,  Paris ou  envoyé chez toi

Le livre dédicacé + une magnifique oeuvre de Jean Leclercq titrée « Vite!.. Vite ! … », Technique mixte sur carton, format 21,6 x 19,5  cm + ton petit nom dans les crédits du livre.

 

400 € à retirer à Bruxelles, Vielsalm,  Paris ou  envoyé chez toi

Le livre dédicacé + une magnifique oeuvre de Jean Leclercq titrée « Pas du tout !. » Technique mixte sur carton, format 24 x 35 cm, envoyés chez toi + ton petit nom dans les crédits du livre.

 

500 € à retirer à Bruxelles, Vielsalm,  Paris ou  envoyé chez toi

Le livre dédicacé + une magnifique oeuvre de Jean Leclercq titrée « Tout à coup Puïk » Technique mixte sur papier, format 53 x 41 cm, envoyés chez toi + ton petit nom dans les crédits du livre.

 

Biographie de l’artiste

Jean Leclercq est né dans la région de Liège en 1951.

En 2003, il réalise ses premiers dessins à son domicile et au Centre Hospitalier Spécialisé de Lierneux dans l’Ardenne belge. Partant toujours de modèles préexistants, il redessine des portraits de femmes et d’hommes célèbres trouvés dans son dictionnaire, des photos extraites d’ouvrages sur les animaux ou des illustrations issues de livres pour enfants. Mais l’essentiel de sa production pléthorique est constituée de cases de bandes dessinées. Dans ce domaine, il fait fl èche de tout bois : albums de Bob et Bobette ou de Tintin, volumes reliés du journal Spirou, anthologies de super-héros Marvel, pockets de gare italiens, numéros dépareillés de Mickey Parade ou de Pif Gadget… Une abondante documentation glanée pour l’essentiel sur les marchés aux puces locaux.

Cette incessante activité graphique, attire l’attention d’une éducatrice qui met Jean Leclercq en relation avec La « S » – Grand Atelier. Situé dans la commune voisine de Vielsalm, ce laboratoire artistique destiné aux personnes porteuses d’un handicap mental se revendique d’abord et avant tout comme un lieu de création, loin de toute considération thérapeutique.

Aux activités quotidiennes, encadrées par des artistes professionnels, s’ajoutent des projets de collaboration avec des personnalités issues de différents champs de l’art actuel.

À partir de 2008, Jean Leclercq intègre le collectif tout en continuant à peindre et à dessiner seul chez lui. À intervalles réguliers, à la manière d’un rituel, il apporte à l’atelier un grand sac poubelle en plastique gris contenant par dizaines des dessins exécutés à son domicile. Il est aujourd’hui l’auteur d’un bon millier d’oeuvres. Comme Roy Lichtenstein, il s’empare de cases de bande dessinée qu’il redessine et agrandit. Toutefois, cet exercice de recyclage est très loin du caractère aseptisé des réalisations du peintre pop. Le traitement est vigoureux et sans fi oritures : bics, feutres, crayons de couleur et vieux fonds de gouache s’étalent prestement sur des feuilles de carton récupérées avant le ramassage des déchets ménagers.

Jean Leclercq ne témoigne pas d’une très grande attention pour la dimension narrative de la bande dessinée qu’il envisage plutôt comme un inépuisable réservoir d’images. Le sens des phrases contenues dans les bulles ne semble pas l’intéresser davantage; il n’hésite pas à affi rmer : « Je ne lis jamais, je marque les mots ! ».

À 65 ans, Jean Leclercq connait sa première exposition individuelle. Intitulée « Rétrospective inaugurale », elle débute le 18 octobre 2016 à l’espace « Spend » à Paris dans le cadre du « Fanzines! Festival ».

En janvier 2017, La « S » Grand Atelier et Frémok sont invités par le directeur artistique du Festival International de la Bande Dessinée d’Angoulême à exposer leurs expérimentations narratives. L’exposition Knock Outsider Komiks est un évènement phare de cette édition 2017 et donnent une nouvelle visibilité au travail de Jean Leclercq. La reconnaissance de son oeuvre trouve un écho supplémentaire lors de la programmation del’exposition Knock Outsider Komiks au Musée Art & Marges à Bruxelles durant l’automne-hiver 2017-2018.


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